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Matala-Agia Fotini par Triopetra, environ 61 km, comptez une bonne heure de route. PSILORITIS, MASSIF DE L'IDA CRETOIS
TAVERNA AGIA FOTINI, KERAME
YANNIS TSIGIANN, MUSICIEN CRETOIS
DANS L'ESPRIT DE MATALA VISITE AU MONASTERE DE PREVELI |
Nous prenons, encore tôt, congé de la charmante famille Stavrakos de l'hôtel Fantastic, tous aux projets de nous revoir bientôt, au printemps ou en automne de l'année prochaine, à l'un de ces moments privilégiés où l'âme profonde de Matala rayonne encore discrètement. A cette heure, le village voisin de Pitsidia sommeille, lui aussi, sous les doux rayons du soleil de ce dimanche matin d'octobre. Nous traversons le bas de la plaine de la Messara en direction de Timbaki avant le premier crochet en montagne vers la touristique Agia Galini, juste effleurée, sur la route qui la relie à Spili, à Réthymnon sur la beaucoup plus touristique côte nord de la Crète. Cette large route principale serpente, accrochée à la montagne, au Sud du mont Kedros, massif de l'Ida, vers lequel elle s'élève parfois brutalement. La circulation est rare à cette époque de l'année, hormis quelques véhicules loués aux touristes de fin de saison, les villages, blancs, sont accrochés loin de cette route principale. Nous sommes au Sud de la ceinture routière autour de l'imposant massif de l'Ida crétois qui occupe la partie centrale de la Crète, ancré autour du mont Psiloritis, ou Ida, à près de 2'500 mètres d'altitude. Si sa partie nord, entre Réthymnon et Héraklion, fait partie de l'artère principale propre à nourrir l'économie crétoise, la partie Est, entre Héraklion et la plaine de la Messara est déjà moins fréquentée, la partie Ouest entre Réthymnon et la plaine de la Messara est, elle, encore principalement utilisée que par, et pour, l'industrie du tourisme. Le seul village côtoyé de plus près est Néa Krya Vrisi, le nouveau Krya Vrisi, légèrement en contrebas de Krya Vrisi. Il s'agit de se faire un peu plus attentif c'est au prochain village en lisière de la route, Akoumia, que nous allons replonger plein Sud, en espérant que la route en bord de mer de Lybie ne soit pas coupée comme cela arrive parfois, en toute discrétion et pendant de très longs mois, ce qui oblige à remonter très loin vers Spili avant de redescendre à seulement quelques kilomètres du passage délicat ; une petite heure de route.
La bifurcation à Akoumia est en épingle à cheveux, la très étroite traversée du village est agrémentée de véhicules à la conception du parcage tout en fantaisie : ça passe mais ça passe très juste, à grands renforts de larges gestes et, non moins larges, sourires ; ici il n'y a vraiment pas le feu au lac, peut-être bien parce que, justement, il n'y a pas de lac. La route, vers Triopetra, les trois pierres, est en grands travaux depuis plusieurs années dans le but de développer un peu le tourisme dans cet endroit encore loin du monde. Au vu de la dégradation générale de l'étroite bande goudronnée, entre ses larges bas-côtés ouverts au bulldozer, on peut se demander si ce projet n'a pas été abandonné au grand dam des locaux. La descente vers la mer de Lybie, rehaussée des îles de Paximadia est une plongée vers la sérénité. Nous la rejoignons bientôt, juste à l'Ouest de Triopetra, les trois pierres, et longeons la plage désertique, seulement ponctée de quelques rares aménagements aux couleurs d'une autre époque et de très rares touristes épris d'un certain art de vivre. On distingue la taverne d'Agia Fotini, sur l'horizon, en bord de mer ; tout le monde se réjouit. Parmi les rochers, le chemin bétonné laisse place à un tracé ouvert dans la caillasse. La brutale épingle à cheveux négociée, c'est la montée directe vers le ciel : c'est étroit, très raide, effondré du côté du vide et glissant ; notre véhicule, pas adapté à ce genre de fantaisies, patine ferme... Mais n'est-ce pas là une petite facette indispensable à toucher l'esprit de Matala ? Antipatinage mis hors circuit, boîte manuelle engagée, ça passe, de justesse mais ça passe : discret soupire de soulagement ; l'endroit délicat est franchi. La route se fait beaucoup plus civilisée jusqu'à la dernière descente vers l'ultime endroit de Crète aussi sauvage et facilement accessible, quand on emprunte la voie normale.
L'accueil de Vicky, toujours souriante, et Stavros, toujours un peu plus timide, est des plus chaleureux, Zara, l'adorable American Pit Bull Terrier de la maison, n'est pas en reste.
Quelle joie de se retrouver une fois de plus en ce lieu magique.
Vicky fera de louables efforts et engagera toutes ses qualités de professeur d'anglais à démêler notre anglais approximatif et l'après-midi sera animé de conversations passionnées.
C'est aux regrets de tous qu'elle rejoindra son activité principale à Réthymnon ; son adresse courriel corrigée, nous nous engageons à donner plus souvent de nos nouvelles autrement que par le sympathique et serviable Yannis interposé (Facebook n'a pas que des défauts).
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