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Ancône-Vevey, un peu plus de 700 km par le Simplon, comptez 9 heures de route.
Taxi, Claude Léveillée, une petite chanson qui exprime tellement bien les charmes de la circulation automobile.
Quand le refrain de Taxi commence à me tourner dans la tête, c'est bien souvent qu'il est grand temps de demander un temps mort.
MER ADRIATIQUE, MER MEDITERRANEE
ANCONE, MARCHES, ITALIE
COL DU SIMPLON, VALAIS, SUISSE
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L'arrivée à Ancône, en Italie, est prévue dès 13:30 et la matinée a été dévolue à la détente au rythme de chacun. Le plus courageux sera sur le pont vers sept heures, aux premières lueurs de l'aube, et y sera rejoint une heure plus tard par la première affamée. Café et croissants pris au bar principal, nous regagnons le pont supérieur bien décidés de profiter de la douceur du soleil encore bas sur l'horizon. La mer est calme et l'Olympia Cruise taille sa route sur l'Adriatique cap directe sur Ancône. Dali s'est enfin soulagée à grand renfort d'encouragements et d'essuie-tout. Lecture et musique sont au programme, à l'abri du vent apparent, et les filles nous rejoignent une à une encore toute ensommeillées. La matinée se déroule agréablement agrémentée d'une petite collation. Il est midi à l'appelle aux passagers à libérer les cabines. Pas la moindre terre en vue, nous rassemblons les bagages de la nuit tranquillement et gagnons la discothèque, pratiquement déserte, à l'avant du bateau et largement ouverte sur la proue. L'arrivée à Ancône est déjà prévue avec, environ, une heure de retard. Un petit jeu de société nous occupe jusqu'à 14:00, heure de l'appelle à gagner le garage, les véhicules. Nous sommes pratiquement à l'entrée du port d'Ancône. Le garage est ouvert, il est temps de rassembler nos petits affaires et d'aller ranger la voiture pour la dernière étape vers la Suisse, de s'installer et d'attendre la ruée vers la sortie du bateau, vers la sortie du port.
Il est 14:30 quand les portes de l'Olympia Cruise touchent bruyamment le quai du port d'Ancône. Le débarquement est mené bon train et nous ne tardons pas à sortir du bateau. Deux ferrys viennent d'accoster, il faudra encore quelques minutes à s'intégrer à la file, au pas, vers la sortie du port. La route côtière vers l'autoroute est largement embouteillée et nous regrettons un peu de ne pas avoir fait preuve d'un peu plus de fantaisie à la rejoindre. Enfin sur l'autoroute Adriatica, nous prenons une bonne vitesse de croisière vers le nord, sous le soleil et dans une circulation fluide. Si, cette fois, il ne pleut pas sur Rimini, le temps s'est fait plus gris et les panneaux lumineux annoncent de la pluie déjà à mi-chemin entre Forli et Bologne. Quelques nappes de brume planent à raz des terres aux premiers abords de la plaine du Pô. Ma joie de la bonne tenue, sans bruit excessif, de la réparation provisoire de la porte du côté passager s'en trouve tempérée. Nous abordons Bologne dans une circulation toujours très fluide. Un petit accident et une panne condamnent l'une des trois voies sans créer le moindre problème. C'est seulement après avoir rejoint l'autoroute du soleil que la circulation se densifie sérieusement tout en restant rapide. La condamnation du rétroviseur droite commence à devenir beaucoup plus dérangeante mais la visibilité générale reste bonne et la route sèche. Si d'aucuns souhaiteraient faire une petite pause, cela fait plus de deux heures que nous roulons, tout le monde m'accorde de passer Milan avant la nuit et accessoirement faire un maximum de kilomètres sur une route sèche exempte de brouillard. On est tout de même à encore plus de deux heures de Milan sans que mes passagers ne s'en doute (vu qu'on nous a volé notre GPS). Je me motive en pensant que ce qui sera fait ne sera plus à faire. Dans ma tête (vu qu'on m'a volé mon iPod) je me chantonne Taxi de Claude Léveillée : courage mon gars, la nuit viendra pour t'reposer de cette vie là, en attendant, en attendant et bien en attendant mon vieux... pas de café sur le comptoir du Grand Relais ! La nuit est presque tombée quand nous quittons l'autoroute du Soleil pour l'A50. Les premières goutes mouillent le pare-brise : je ne le crois pas ! Il ne reste qu'à contourner Milan, étonnement sans le moindre bouchon. Le dernier croisement vers le Gothard passé, nous nous arrêtons enfin, j'en ai un peu raz le bol ; il est passé 18:00. Panini, Chinotto, cigarette et nous ne tardons pas à reprendre la route, sous une pluie qui se renforce, tout le monde est fatigué. Il pleut sur le lac Majeur. Passé Stresa la pluie redouble encore et commence à s'infiltrer, goutte à goutte, du côté passager. Les derniers kilomètres vers le Simplon deviennent difficiles, heureusement la circulation est rare.
Il ne fait que 6° à Gondo et la température chute rapidement. Nous sommes rentrés en Suisse mais pas encore à la maison. Rapidement la pluie se transforme en neige et la route s'éclairci, à la hauteur de Simplon Dorf elle est déjà blanche. Catastrophe : je ne me sens pas le courage de redescendre et faire le tour par le Gothard. Notre véhicule, malgré son aspect, n'est pas un 4x4, il est chaussé de pneus d'été pour lesquels nous n'avons pas de chaînes. Nous patinons, la vitesse baisse et la voiture glisse vers le bord de la route. L'anti-patinage est désactivé et la boîte séquentielle engagée, si ça se passe un peu moins mal je n'arrive toujours pas à gagner de la vitesse. En Aficionado pur et dur des propulsions puissantes à empattement court et centre de gravité à raz la route, j'enrage au volant de ce fer à repasser. Nous passons les premiers naufragés et croisons, au millimètre, un camion tout autant à la dérive que nous. Madame insiste à s'arrêter mais il n'est pas question de ne pas passer, je dédramatise la situation et demande qu'on me laisse me concentrer. La neige de plus en plus froide accroche un peu mieux et, en gagnant enfin de la vitesse, je commence vaguement à y croire, Il est 21:00 quand nous franchissons le col qui sera bientôt fermé aux camions avant de l'être complètement. Dans un régime de foehn violent les acrobaties de frein et de volant ne sont pas longues dans la descente et la route est vite noire. Je pense qu'il ne s'en est fallu d'une ou deux dizaines de minutes à ne pas passer...
Nous arrivons à Brigue où il fait 18°.
Personne n'a faim, ni soif, tous ont hâte d'arriver.
La route est sèche et la nuit claire, on rejoint vite l'autoroute, juste parfois un peu bousculé par une rafale de foehn un peu plus forte.
Martigny, Villeneuve, Montreux, on y est presque.
Il est 23:00 quand nous arrivons sur le parking de la maison.
Amusant : nous avons parcouru très exactement 3'500 kilomètres depuis notre départ, il y a quinze jours.
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