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Pour Agia Fotini-Héraklion, environ 125 km,
comptez 2 heures et quart de route.
HERAKLION, PERIPHERIE DE CRETE
KARES, KRASSI PEDIADOS, MALIA
FETES ET JOURS FERIES GRECS
RETHYMNON, NOME DE RETHYMNON DU PIREE A MYCENES, PELOPONNESE |
C'est bien mélancolique que nous nous mettons en marche à charger la voiture vers une nouvelle journée d'aventures. Elle commence fort : le pneu avant droite est à plat et la pluie se met à tomber. Tout le monde prête main forte à ce changement de roue dans des conditions délicates ; pente et gravier. Stavros nous voit ainsi revenir, un bon quart d'heure plus tard, trempés et les mains noirs, bouche bée. L'averse passée, propres, séchés et le sourire retrouvé, il est l'heure des au revoir chaleureux, une touchante attention sous le bras. Passé Kerame, le système de gestion de notre véhicule, merveille technologique, refuse obstinément de monter au troisième rapport. La déception est marquée : ce n'est pas la pression mais bel et bien de diamètre de roue qui déclenche le mode roue de secours. La réparation est incontournable, nous nous arrêtons au premier garage, à Kissou Kambos. Maman, à la caisse, appelle le fiston, en livraison de mazout. Une petite demi-heure plus tard la roue est réparée, changée et les 10 euros demandés réglés. Nous ravitaillons encore tranquillement le véhicule avant de reprendre la route, juste après un contrôle de la pression. Nous avons atteint la voie rapide vers Héraklion. Il pleut sur la Crète. La bonne humeur a repris le pas sur les turpitudes matinales : la réparation du pneu est parfaite, le bricolage maison de la porte passager est 99% étanche. La petite est juste un peu déçue de ne pas visiter le Crète Aquarium mais la journée c'est un peu raccourcie et il y a fallu faire un choix. L'étape Kares a été votée à l'unanimité.
Nous dépassons Héraklion, en riant d'une précédente crevaison, plus estivale, sur cette autoroute. Une voiture de location accidentée, sur la route détrempée et glissante, rien de bien grave qu'une tulipe terminée dans la glissière de sécurité, met un terme à mes essais de résistance des diverses réparations provisoires ; on devrait pouvoir rentrer juste privé de visibilité sur la droite. Près de Malia, premier souvenir commun de toute la petite famille, nous prenons la direction du plateau de Lassithi. C'est là que nous étions tombé en panne d'essence dans une chaleur étouffante, loin de tout sauf du secours de la famille Psarakis Meyer ; nous ne sommes plus très loin de Krassi Pediados. Nous arrivons au Kares où l'accueil de Maria, en français, est aussi étonné que chaleureux. Même si tard dans la saison, une étape qui vaut le voyage en Crète, valait bien un petit détour sur le chemin du retour ? L'ouzo se déguste au milieu de grands éclats de rire autour d'aventures de ce voyage, en voiture depuis la Suisse, propres à conforter la légende de ces touristes qui ne s'ennuient pas en vacances. Nous suivrons les conseils toujours avisés de Maria et dégusterons chaque bouchée de la meilleure cuisine grecque que nous connaissons. Au Kares la maîtrise des produits, des herbes et des épices propres à la Crète confine à la virtuosité. Une visite au Kares est, en plus d'une fête gastronomique, un moment privilégié à pénétrer la Crète. Maria a plaisir et talent à vous expliquer son pays. De chaque passage à Krassi Pediados nous repartons en connaissant, en aimant encore un peu mieux, encore un peu plus la Crète. La table des fumeurs est aussi un endroit privilégié à discuter un peu avec les habitués et le patron des lieux. On commence à se connaître et dans un français parfait il se laisse à évoquer la condition des Crétois, les aléas du tourisme et de la vie au village quand la neige s'y amoncelle. Après quelques achats communs à un maraîcher du plateau de Lassithi ambulant nous deviserons encore longuement avec la fille de la maison, hôtesse d'accueil à l'aéroport d'Héraklion, pour un grand voyagiste, avec sa présentation et son accent zurichois dans un esprit grec. Plusieurs fois nous l'avons croisée à l'aréoport d'Héraklion, affairée à son activité trépidante. Etonnement, à chaque fois que nous y avions un petit souci, de bagage ou de mobilité entres autres, quelques minutes après notre rencontre, le souci était réglé comme par enchantement.
L'après-midi est bien avancé quand nous nous mettons en route vers le port d'Héraklion. Nous y parvenons très vite, bien assez tôt, dans un début de crépuscule pluvieux. Le Knossos Palace est déjà à quai et l'attente, sur les quais détrempés et déserts, n'est pas long avant les grands gestes d'autorisation de monter à bord de l'homme de quart transit aux portes du ferry. Nous serons rapidement installés dans la spacieuse cabine, tout à l'idée de se détendre au chaud et au sec. Une petite ballade à la découverte du sister-ship du Festos Palace, qui nous avait conduits du Pirée à Héraklion, précède une petite collation au bar. On est encore loin de l'heure de départ fixée à 22:00 et le bateau est pratiquement vide. A notre grand étonnement, le lendemain matin, à l'approche du Pirée, nous le découvrirons pourtant bien plus chargé que ne l'était le Festos Palace au voyage vers Héraklion. Nous en apprendrons la raison un peu plus tard : le 28 octobre est jour férié en Grèce, Le Jour du Non, l'une des deux fêtes nationales grecques, commémore le rejet de l’ultimatum de Mussolini le 28 octobre 1940 et le recul des troupes italiennes de 60 km en Albanie Le débarquement au Pirée est appointé à 05:00 du matin et l'étape dans le Péloponnèse promet d'être riche en découverte ; il paraît opportun de ne pas trop traîner. La journée s'étant révélée riche en émotions, tout le monde s'est endormi en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire et dort à poings fermés à l'heure de larguer les amarres vers la Grèce continentale dans une mer formée sous la pluie.
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