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Athènes-Mycènes, par Epidaure, 200 km, comptez 4 petites heures de route.
CANAL DE CORINTHE, PELOPONNESE SANCTUAIRE D'ASCLEPIOS, EPIDAURE NAUPLIE, CAPITALE DE L'ARGOLIDE PANDELIS, CHAMBRES A MYCENES
MYCENES ET SA PORTE DES LIONNES HEINRICH SCHLIEMANN ET HOMERE RESTAURANT ELECTRA, MYCENES TAVERNA O SPIROS, MYCENES
VERS LE RETOUR PAR HERAKLION DE MYCENES VERS PATRAS |
05:30, nous débarquons du Knossos Palace à l'horaire d'hiver, avec une demi-heure de retard sur l'horaire d'été encore en vigueur pour trois jours ; état de la mer oblige.
Il pleut, il fait très noir, guidé par une signalisation improbable, nous ne manquons pas de revenir dans Athènes tout animé du désir de s'en dégager au plus vite, avant que la circulation ne s'y densifie.
Une ou deux manoeuvres très locales plus tard, nous sommes sur l'autoroute en direction de Corinthe : ouf !
Sur la route déserte qui longe le Nord-est du Péloponnèse la clarté du jour naissant nous révèlent des paysages superbes déjà bien différents des paysages crétois. Nous parvenons au site archéologique d'Epidaure, quelques minutes avant son ouverture officielle. Pas un seul véhicule n'a encore investi les gigantesques parkings qui le côtoient. Aujourd'hui l'entrée est libre et nous sommes vite à contempler le théâtre d'Epidaure en la seule compagnie d'un chien local très amical. Nous avons tout loisir de nous étonner et de nous amuser de la justement renommée acoustique du théâtre d’Épidaure. La visite du petit musée désuet, à quatre, ne manque pas de charme. La visite du sanctuaire d'Asclépios proprement dit, parfaitement désert, est magique sous le soleil matinal qui monte dans un ciel bleu grec. Ce n'est que près de deux heures après notre arrivée que nous croiseront un couple de touristes égarés sur le parking ; nous avons visité l'un des sites les plus prisés de Grèce dans des conditions de rêve !
Non loin d'Epidaure sur la route de Nauplie, à Ligourio, nous découvrons une petite boulangerie engageante. La marchandise y est superbe et, à défaut d'être équipés d'un tea-room, les patrons se mettront en quatre à nous installer confortablement sur la petite terrasse ombragée pleine de charmes, malgré nos dénégations à tout chambouler. Nous goûterons à quelques pièces de viennoiseries sucrées et salée, accompagnées de jus de fruits : tout est parfait ; un pur moment de bonheur, au plus grand plaisir de nos hôtes. Nous reprendrons la route, à regret de s'arracher à ce confort douillet, vers le centre du village en fête, vers Nauplie. Nous ne dénichons pas le petit hôtel, équipé d'un parking, de nos rêves aux abords de Nauplie, et revenons sur nos pas vers le Perivoli à Pyrgiotika. Son accès est difficile et même délicat à notre véhicule mais l'endroit et la conception moderne et épurée de l'hôtel sont séduisants. L'accueil est frais, le prix annoncé élevé : on ne va pas insister et reprendre la direction de Mycènes les yeux écarquillés à la recherche d'un logement agréable. Nous décidons de prendre la température des disponibilités à l'entrée de Mycènes, sur la gauche, dans un petit hôtel au style Rimini dans les années 60. L'accueil est souriant et chaleureux ; on visite les chambres. C'est grand, très grand, propre, le prix est très correct, Monsieur Pandelis très sympathique. Il nous aide à nous installer, soigne les petits détails et nous offre boissons et fruits sur sa terrasse. Le temps se retournant vers la pluie, nous ne tardons pas à nous mettre en route vers le berceau de la civilisation mycénienne, la forteresse de Mycènes. Malgré la fraîcheur du fort vent, le touriste n'est pas rare à l'assaut de cette citadelle de la fin de l'âge du bronze. Fête nationale oblige, l'entrée est libre. L'enceinte cyclopéenne des origines de ceux qui asserviront la civilisation minoenne, la porte des lionnes de la cité d'Agamemnon, commandement de l'armée achéenne à Troie, m'ont toujours fasciné et j'ai plaisir à partager cette émotion. Le récent musée installé au bas de la muraille nord est fort intéressant. Il y est même fait une place à Heinrich Schliemann, personnage hors du commun s'il en est et à plus d'un titre. Malgré le flyer déposé sous notre essuie-glace au parking de Mycènes, malgré le rabattage en bordure de route, nous nous arrêtons à l'Electra autour d'un vague souvenir, fort ancien, et du feeling. L'Electra n'en est pas à une originalité près entre le décore de la salle, du meilleur effet, et la proposition de menus. Nous y mangerons très bien, fort bien soignés dans une ambiance très souriante, à un prix en-dessous du raisonnable. Mycènes est décidément bien agréable.
Nous passons à l'hôtel Pandelis, nous préparer à la soirée prévue à Nauplie.
L'occasion de deviser agréablement avec son patron autour d'un café en attendant les dames pas toujours très rapides à la salle de bain.
Nous finirons par retrouver Mycènes et passerons, en quête d'un conseil, au Pandelis. Force est de constater qu'il a très exactement compris ce qui pouvait nous faire plaisir : son ami Spiros, à quelques pas. La terrasse de cette Taverna est fort coquette mais il fait vraiment trop froid. L'intérieur est carrément d'un autre âge avec une vielle télévision diffusant un vieux film grec en noir et blanc en plus des amis du patron bruyamment attablés autour d'une carafe de vin et d'un cendrier débordant. Le sosie d'Anthony Quinn dans Zorba le Grec, casquette rivée sur la tête, se lève brusquement à nous accueillir en hélant d'une voie grave : Spiros... Spiros ! L'accueil des touristes égarés est des plus attentif, on s'affaire au chauffage, à servir l'ouzo, à s'enquérir de ce qui pourrait bien nous faire plaisir. Nous sommes au coeur du Péloponnèse profond et cela nous comble. Le repas sera parfait entourés de gens du village. A remarquer que je fumais sur la terrasse, et pas dans la salle, nos voisins sortirons en griller une, carafe et verres à la main, on trinquera. Si la fumée tue, elle est aussi, parfois, la source de quelques minutes privilégiées d'une rare intensité : on ne parle pas la même langue, on est bien différents mais on se découvre des goûts communs et on se sent bien. Les verres se lèveront haut et souvent, avant et après le café, cette dernière soirée en terre grecque nous laissera le meilleur des souvenirs.
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