|
D'Agia Fotini à Agia Fotini, circuit d'un peu moins de 70 km, comptez 1½ à 1¾ heures.
HISTOIRE DE LA CRETE VENITIENNE LE MONASTERE MONI PREVELI, CRETE
LA STATION TOURISTIQUE DE PLAKIAS GORGE KOTSIFOU, NORD DE PLAKIAS
SPILI, LAMBI, RETHYMNON, CRETE KERAME, EN SURPLOMB D'AGIA FOTINI
DE MATALA A AGIA FOTINI, KERAME RETHYMNON, NOME DE RETHYMNON |
Le petit déjeuner a quelque chose d'intemporel, perdus au bord de la mer, dans la lumière d'un soleil, encore bas sur l'Orient, qui joue avec les rochers à écho du chuchotement de l'estran. Sans réelle transition, nous suivons le chemin, grossièrement taillé dans les rochers, vers Palm Beach qui sommeille déjà, la saison est ici bel est bien finie, dans une lumière aux couleurs platine du nord. La remontée vers Kato Prévéli a souffert des premières pluies de l'automne qui s'installe. Passé le pont vénitien oublié, perdu entre des oliviers multi centenaires, nous sourions aux ombres du petit relais installé au confluent des deux rivières quand elles se déguisent en ruisseaux. A quelques centaines de mètres, la frontière avec la civilisation est brutalement marquée : parkings, grandes terrasses, abords d'un autre pont vénitien soigneusement aménagés. Si tôt le matin, si tard dans la saison, il ressort pourtant une certaine magie de ce jalon à la puissance de Venise quand ses marins sillonnaient les mers les armes à la main, la bourse à la ceinture. Nous ne nous arrêtons pas aux abords des ruines, interdites d'accès, de Kato Prévéli. Si le décore de ces ruines figées dans un instant d'histoire respirent la quiétude, elles recèlent au moins un piège, très discret, capable d'infliger huit fractures au touriste contemplatif... Nous ne croiserons pas le pâtre grec du troisième millénaire, quad-iPod-Rey Ban ©, sur les dernières pentes vers le monastère de Prévéli ; elles ont cruellement souffert du feu il y a quelques semaines. Prévéli, qui a subit bien d'autres aléas, est resté miraculeusement préservé de la désolation calcinée environnante. La visite du petit musée reste un incontournable, elle est aujourd'hui agrémentée de chants liturgiques, a cappella, aux accents incantatoires. La surprise ne sera pas des moindres à découvrir que cette voix profonde, envoûtante, est celle du gardien en direct-live. Du monastère de Prévéli émane toujours un sentiment de profonde béatitude, même envahi de hordes de touristes ; sa visite, totalement solitaires, n'en prend que plus d'émotion, de profondeur. La majesté de ce lieu chargé d'histoire, haut à dominer la mer de Lybie, émane discrètement du moindre de ses détails.
Petite pause sur le parking officiel, déserté, de la plage de Prévéli, loin au-dessus de l'ouverture sur la mer de l'abrupte gorge Kourtaliotiko et sa petite palmeraie qui donne des airs de lagon à cette petite plage.
C'est bien l'une des plages de Crète les plus célèbres et les plus prisées, malgré les difficultés de son accès.
Nous descendons bientôt sur Plakias, une petite station touristique, un peu élitiste, du Sud de la Crète.
Plakias masque avec un certain succès son côté artificiel 70-80 en continuant à se développer avec une certaine mesure.
Le décore de la baie de Plakias reste grandiose et laisse un certain charme aux aménagements balnéaires nés de la proximité de la côte nord et particulièrement de Réthymnon.
Nous serons bientôt évadés au coeur d'une campagne crétoise somnolente du plaisir des premières gouttes de cette pluie tant attendue, sous le gris du ciel propre aux pays de montagnes. La grosse pluie de plus en plus menaçante, nous éviterons le centre de Spili, frontière sud naturelle aux derniers touristes du mois d'octobre, vers Kissou Kampos. Loin de tout, nous ne tardons pas à avoir rejoint le versant Sud de l'Assideroto entre le Xiro et le Sidérotas. Le dernier hameau traversé nous somme vite à Kerame, l'un de ses vrais villages crétois perdus dans la montagne. Kerame domine de très haut sa plage, lied parfait de la dureté et de la sérénité minérale, Agia Fotini. Quelques chambres d'hôtes, dans les maisons les plus extérieurs du village, sont la seule concession aux réalités actuelles de Kerame, où l'âme crétoise est palpable. L'accueil du voyageur est naturel dans la culture grecque ; monétiser cet accueil pose de réelles difficultés morales à ces gens d'honneur et de tradition, plus à l'aise à composer avec la mer, ou une terre souvent hostile, qu'avec les réalités économiques d'un monde de mercantis.
Le soleil est encore bien présent à Agia Fotini mais nous décidons néanmoins de préparer la voiture aux affres de la pluie qui s'annonce et au retour.
Plastique ajusté en double à l'intérieur et à l'extérieur, il est très abondement fait usage du scotch.
La visibilité sur la droite est ainsi complètement obstruée mais la résistance à la pluie et aux vitesses autoroutières semble assurée.
L'après-midi sera très agréable : bains de mer, ballade dans le gravier ou le sable, parmi les rochers, lecture et siestes. Chacun mettra du coeur à le savourer au plus près de ses goûts, de son concept de la détente absolue. La soirée sera festive autour d'une des dernières tables de Stavros, de sa cuisine simple, respectueuse des produits, juste subtilement rehaussée d'une petite touche personnel. La cuisson est toujours exacte, le service sans la moindre fioriture est discrètement des plus attentifs ; c'est dépaysant, c'est agréable. Quelques pages de Kazantzakis, une petite ballade dans la nuit plus tard, il est encore tôt quand tout le monde s'est déjà endormi confortablement, bercé par la mélopée marine.
|
|
|
|
|